Les frères et soeurs

Rappelez-vous, votre première grossesse? Tout entière centrée sur vous, vous étiez à l’écoute de votre corps, de vos sensations, entièrement focalisée sur la découverte de cet état inconnu. Aujourd’hui, vous êtes enceinte d’un deuxième, voire d’un troisième enfant, et aux problèmes de la grossesse vient s’ajouter l’angoisse de mal faire par rapport à l’aîné. Comment lui annoncer ? Quand ? Comment ne pas être maladroite ? Chaque couple a ses propres convictions, et surtout ses propres envies. Si certains l’annoncent tard, d’autres préfèrent en parler dès que la grossesse est confirmée. Pas de règles en la matière sauf une : ne négligez jamais la capacité d’un enfant à comprendre, même s’il n’est pas capable encore de le formuler, que quelque chose est en train de changer. Si vous préférez attendre un peu avant de lui annoncer, faites en sorte que l’enfant ne soit pas le dernier à le savoir. Si d’autres personnes sont au courant avant lui, demandez-leur de rester discrètes : pas d’allusions devant l’enfant. C’est aux parents d’annoncer une telle nouvelle, et non pas à l’enfant de deviner que quelque chose se passe, dont il se sentirait exclu. En tout état de cause, annoncez-lui au plus tard quand votre grossesse est physiquement visible : soit parce que vous grossissez, soit parce qu’il vous voit malade et fatiguée sans comprendre pourquoi (l’ignorance peut mener à des suppositions très traumatisantes, même et surtout pour un enfant)? Le désir d’enfant est un désir de couple, dans lequel l’enfant déjà existant n’a rien à voir. Mais dès que vous lui avez annoncé la bonne nouvelle, faites-le participer, s’il en manifeste le désir, à cette attente, mais ne le forcez en rien : certains enfants n’ont pas forcément envie de s’impliquer dans une décision qu’ils n’ont pas prise. En revanche, soyez très vigilants sur les angoisses que cela peut susciter et rassurez-le le plus possible : sur vos futures relations et l’amour que vous continuerez à lui porter, sur sa place qui ne changera pas? Ne culpabilisez pas à l’avance, ne l’impliquez pas à l’avance : il doit trouver sa place d’aîné avec votre aide, mais en douceur. Dites-lui comment va s’organiser la maison après l’arrivée du nouveau-né. Répondez le plus franchement, le plus clairement et le plus simplement possible à ses questions, y compris aux questions qui peuvent vous gêner sur la sexualité ou le corps : beaucoup de livres pour enfants vous aideront si vous vous sentez maladroits. N’oubliez pas que les enfants peuvent admettre sans problème des choses qui vous apparaissent choquantes. Tout au long de la grossesse, répondez simplement à ses questions et tenez-le au courant des évolutions importantes. Quand bébé arrive, ne le laissez pas à l’écart de ce moment. Il est indispensable qu’il lui soit présenté le plus rapidement possible, sans attendre le retour à la maison. En revanche, une fois qu’il a vu le bébé, ne le forcez pas à revenir à l’hôpital s’il ne le désire pas. Restez attentive à lui, à ce qu’il a fait, à ce qu’il a envie de vous raconter : tout ne doit pas tourner autour du bébé, sans égard pour l’aîné. A cet effet, prévoyez bien à l’avance un mode de garde sécurisant pendant votre séjour à la maternité. Sa vie doit être la moins désorganisée possible. Enfin, faites en sorte que la liberté de l’aîné ne soit pas restreinte à cause du bébé. Il doit avoir la même place qu’avant, ne pas sans cesse être rappelé à l’ordre parce qu’il fait trop de bruit (un bébé dort très bien au milieu des bruits ambiants). L’aîné ne doit pas se sentir dépossédé de quoi que ce soit, ni de son territoire, ni de l’amour de ses parents, ni de sa propre liberté?

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