Anorexie de la jeune fille : une urgence médicale

L’anorexie mentale est typiquement représentée par l’anorexie de la jeune fille. L’entourage doit apprendre à en repérer rapidement les signes.
Ce symptôme très grave est d’autant plus difficile à apprécier que les anorexiques nient leur maladie.

Qu’est ce que l’anorexie ?
L’anorexie, comme d’ailleurs la boulimie, ne sont pas des maladies en soi, mais des symptômes qui révèlent des désordres psychologiques. De nombreuses hypothèses d’ordre psychologique sont en effet évoquées : refus de la féminité, conflit parental, peur de devenir obèse, sacrifice corporel sous-tendu par une névrose obsessionnelle, hystérie ? Un trouble du métabolisme de la sérotonine est également évoqué.
L’arrêt du fonctionnement des ovaires est lié à un blocage hormonal au niveau de l’hypophyse (glande située au niveau du cerveau ).
L’anorexie peut être le prélude d’une maladie psychotique (une schizophrénie le plus souvent) qui nécessitera un traitement psychiatrique lourd.

Reconnaître les signes:
Il s’agit d’une jeune fille ou d’une jeune femme maigre qui se maintient dans une situation de restriction alimentaire sévère et prolongée, ayant entraîné la perte de plus de 10% de son poids. Elle jouit du contrôle qu’elle exerce sur son corps et sur ses apports alimentaires extrêmement réduits . Aux périodes d’anorexie peuvent faire suite des périodes de boulimie avec recours aux laxatifs et aux vomissements.
L’absence de règles est constante, elle peut être précoce ou secondaire à la dénutrition. Cette jeune fille a une représentation erronée de son image corporelle et se voit grosse. Son activité est conservée voire augmentée. Elle affirme avec énergie qu’elle est en bonne santé, niant sa maladie avec tant de véhémence que son entourage finit parfois par la nier aussi. Enfin, aucune maladie identifiée ne peut expliquer cette perte de poids.

L’hospitalisation est nécessaire:
La prise en charge de l’anorexique est une urgence et elle nécessite le plus souvent une coupure totale avec la famille.
Le premier temps de la prise en charge est l’hospitalisation de la jeune fille en vue d’une réalimentation progressive, qui peut nécessiter parfois le recours aux perfusions ou à une sonde d’alimentation gastrique. Cette réalimentation s’inscrit dans un contrat de poids avec le médecin et a pour objectif l’obtention d’un certain poids dans un délai fixé. Ce contrat de poids est difficile à mettre en place. Il repose au début sur une démarche très directive face à ces jeunes filles qui ne sont jamais en demande de soins, qui n’ont pas conscience de leur état de dénutrition extrêmement sévère. Puis le contrat de poids devient de plus en plus contractuel au fil du traitement, le médecin insistant constamment sur la seule efficacité de l’alimentation.
L’hospitalisation est un moment pénible car les visites sont interrompues, la jeune fille anorexique ne peut plus voir sa famille. Les médecins insistent tous sur ce point qui est parfois difficile à faire comprendre aux parents très inquiets.
Une psychothérapie s’avère très utile en complément de la réalimentation. Néanmoins, elle est impossible à instaurer en l’absence de toute demande. Elle sera progressivement mise en place dès que la réalimentation aura permis de mettre la jeune fille hors de danger.
L’évolution de l’anorexie peut se faire curieusement vers la boulimie et l’anorexie-boulimie. Il semble que les meilleurs résultats soient obtenus avec les anorexiques qui ne mangent pas plutôt qu’avec celles qui mangent et vomissent .

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